Dans la colline

Du plateau sommital aux pentes vallonnées,
Du petit bois à la garrigue embaumée,
Parmi les buis, les chênes et les pins,
Les cistes, le thym et le romarin,
Le sentier, comme un long ruban, se dessine.
Tout un monde de beauté
S'offre au promeneur qui chemine ;
L'esprit libre, épris de pureté,
S'abandonne et se laisse imprégner
Par le spectacle de la nature, charmé.

Partout, ici, dans la colline,
Le paysage change, le soleil illumine.
Et voilà que soudain, au détour du chemin,
Le regard s'arrête sur un superbe pin ;
Les racines saillantes, plantées dans un rocher,
Témoignent de sa force, de sa témérité ;
Ses branches sont agitées par l'insensée violence
Du mistral indomptable, Grand Maître de Provence
Qui purifie le ciel et fait fuir les nuages
En exaltant le bleu par ce grand balayage.

L'inspiration jaillit, s'éveille dans l'artiste,
Saisi par l'harmonie, ému, contemplatif.
Il pense à ses pinceaux, ses couleurs, sa peinture,
Et déjà il estime, repère de façon sûre
Le meilleur angle pour composer sa toile ;
Le relief, la lumière, les buissons étagés,
Sont mis en évidence, afin que se dévoile
Cet instant d'émotion qu'il voudrait partager ;
Et peut-être qu'un jour, devant l'oeuvre achevée,
Vous vous arrêterez, vous aussi, pour rêver...

(Marie-Anne, Mondragon, mai-juin 2001)

Pour Robert, souvenir d'une promenade sur le sentier des Immouladous, Mornas.