Le nez

Le nez au milieu de la figure
Quel qu'il soit, n'est pas une sinécure !
Long comme celui de Cyrano, si ridicule
On peut le comparer à une péninsule.

Truffe, museau, groin, tarin
De l'animal à l'être humain
Ce n'est pas seulement pour respirer
Mais aussi bien pour sentir et flairer.

Si on lui attribue du "flair"
C'est sûrement celui d'un commissaire
Tout rouge, gonflé, bouché
L'enrhumé, gêné, doit le moucher.

Fin, se lève avec délices le nez
Qui hume quelque mets raffiné.
Appendice, oh combien utile
Pour jouir des parfums subtiles.

Pour les amateurs de bons vins
Permettez de l'appeler divin.
Dégoûté, celui de l'homme hautain
Se détourne avec dédain.

Simplet, rêveur, tête dans les nuages
Le nez en l'air ignore le paysage.
Le mettre dans les affaires des tiers
Le curieux, sans gêne, en est fier.

Pour le choix, sans hésiter
Le qualifier de "pif", c'est risqué !
Peiné, le fautif, réprimandé
Timidement, se baisse pour le cacher.

C'est aussi un peu de bonheur
D'oublier les mauvaises odeurs
Et respirer le parfum des roses
Pour voir le bon côté des choses.

N'en déplaise à ceux qui se moquent,
Le pied de nez reste sans équivoque !

(Marie-Anne, Piolenc, octobre 2001)